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Les tribulations d'un grand vin

Devinez qui je suis : Je suis un vin rare et légendaire, un cru raffiné parmi les meilleurs vins au monde. On prend soin de moi tant il est difficile de m'acquérir. Indice : Mon étiquette est ornée de la signature de grand maître d'art, particularité des crus du domaine.

Sélection Grands vins

Grands vins

Entre les mains du collectionneur


Avec ma robe en film transparent pour conserver intacte mon étiquette, je fais partie des bouteilles les plus longuement conservées en cave.

Il faut dire qu'en tant que grand collectionneur, mon détenteur emploie les grands moyens : Bien à l'abri de la lumière dans une cave enterrée, sol en terre battue, je compte parmi les plus vieilles bouteilles conservées ici. La température varie peu et l’hygrométrie reste constante. Je repose dans mon fourreau individuel loin de toute agitation, pourtant, je sais que bientôt est venue mon heure de vérité.

L’ordre d’ouverture est programmé à l’avance pour ne pas négliger mon potentiel de vieillissement et l’arrivée à maturité. Cela dépend de mon prix d’achat sur le livre de cave, de ma date d’arrivée entre autre.

D'ailleurs, oui ! J'entends des pas lourds qui se rapprochent. Je crois bien que c'est moi que l'on vient chercher !

Bouteille en main, mon heureux détenteur s’assure de bien mettre un pied devant l’autre en montant les escaliers, sans me secouer ! Délicatement, on me pause. De la cuisine émane l'odeur alléchante d'un gigot à la cuiller et dans le salon, tous attablés, les invités m'ont l'air de s'y connaître.

" Pauillac" , "Premier cru classé"... À les entendre, je sais déjà qu'une grande part des conversations gravitera autour de moi lors du repas.

Dégustation de grand cru

L'heure de vérité


Lentement, on retire mon long bouchon en liège vieux de plus de trente ans.

Ce dernier reste encore compacte et entier, imprégné de rouge. Aucun problème à l’ouverture. Sans attendre, on me passe en carafe pour me décanter : Il serait dommage de laisser verser les dépôts tanniques dans le verre.

Les convives s'apprêtent à se délecter de mon breuvage et moi... de boire leur paroles :

    • "Ce bouchon ne pourrait pas tenir beaucoup plus longtemps sans prise de risque mais il a bien rempli sa fonction : Aucune perte de vin, la bouteille et pleine au col."

Dans de grands verres de dégustation, on me regarde couler. De petites bulles rouges se forment sur le pourtour du verre… puis pour chacun, c’est le silence, la réflexion avant de parler... Il faut croire qu'avant de goûter un Grand Vin, on se tait religieusement…

Entre eux, mes dégustateurs semblent se comprendre, même si je ne saisis pas tout. Il y aurait donc des signes qui ne trompent pas, même avant de goûter :

    • "Couleur rouge rubis intense, à peine tuilée. Limpide, disque brillant, aucune trace douteuse."

Des bribes de phrases commencent sans s’achever. Ces mots barbares propres au jargon de la dégustation sont lancés ça et là.

  • "Premier nez de sous-bois, de fruits mûrs, de cassis, de cuir, de vanille qui évoluent dans le verre."

Puis, on me sirote lentement : -"Bouche ample, suave, équilibrée, ronde. Tannins fondus. On retrouve en retro-olfaction les même notes d'arômes auxquelles s'ajoutent des saveurs d'épices. Longueur en bouche exceptionnelle !"

    • "Accord parfait avec le gigot" affirme celui-ci avant que les autres ne corroborent.

Et celui-là d'ajouter : "D’après le château, le millésime 1985 est une grande année. Les trente-trois années passées ont bien supporté le vieillissement et il est grand temps de l’apprécier."

  • "Même vide, le verre révèle ses subtiles notes atténuées de sous-bois et de fruits mûrs. " souligne ce-dernier qui en redemande.

étiquette grands vins

... Je suis... ?


Un grand vin ! Oui, mais devinez lequel ! Un Château Mouton Rothschild de l'excellent millésime de 1985.

Au cours du repas les conversations vont bon train sur mon fait. On me scrute, on me hume, on évoque à nouveau ma couleur, mes arômes, mes saveurs, ma structure car j'évolue dans le verre. Beaucoup d’émotions. Je décèle, pour chacun, la joie de partager et d’immortaliser ces instants.

Gorgée après gorgée, les souvenirs affluent sur l’histoire de la période passée entre ma confection et l'ouverture. Il aurait été dommage de me revendre.

Comme la plupart des vins d'exception, je suis rare et suis devenu inaccessible....

Hormis le prix onéreux, il faut dire qu'il est difficile de trouver à se les procurer : Il faut préciser que la majorité des Grand Vins partent à l’exportation tant leur renommée est grande.

Château Mouton Rothschild

Mouton Rothschild ou l'art de l'étiquette


Depuis 1945, l'étiquette de chaque millésime de Mouton Rothschild est illustrée par un grand artiste. C'est même devenu la signature visuelle du château.

Étiquette après étiquette, le domaine a ainsi réuni quelques-un des plus célèbres artistes de leur temps. Miró, Chagall, Braque, Picasso, Tàpies, Francis Bacon, Dali, Balthus... La liberté de création est totale autour des grands thèmes de la vigne, du plaisir de boire ou du bélier, emblème du château. Pour l’année 1985, c’est Paul Delvaux qui a peint la mienne.

Ses traits donnent à voir une scène chargée de mystère où deux femmes chastes à la pâleur laiteuse ont le regard qui se rejoint sur la magie d'une grappe nichée au creux de la main.

Grande cave pour les grands vins

Buveurs d'étiquette ?


On se moque aisément des "buveurs d'étiquette", de ceux qui parlent plus des vins qu'ils ne les dégustent, de ceux qui se fient à l'étiquette pour l'achat. Mais en tant que Mouton Rothschild, même si je suis certain qu'on collectionnera mon étiquette, je suis d'avis qu'il n'est pas nécessaire d'être intarissable sur le sujet pour apprécier un vin... si "Grand" soit-il.

De la même manière qu'on peut apprécier un film sans être réalisateur.... On peut apprécier un vin sans être vigneron. D'accord inutile d'infliger à son auditoire des mots compliqués et des termes techniques sur un ton péremptoire pour parler d'un vin. Surtout si personne ne comprend. Le plaisir est ailleurs : Dans celui de savoir partager et apprécier une bonne bouteille. Et là, c'est une discipline, ça s'apprend.

L’œil, le nez et le palais s'éduquent. Les sens s'affûtent. L'important étant de traduire le plaisir des sens. Chacun à son niveau.

Il y a donc deux circonstances : L'une, les accusateurs se moquant des "buveurs d'étiquettes" ont effectivement affaire à un prétentieux qui ne sait pas partager ; soit, de deux, ces mêmes accusateurs se rangent du côté des "ni bu, ni connu", c'est-à-dire qu'ils jugent les autres sans avoir goûté le vin. Et là... il faut y remédier et goûter le vin !

Car un Grand Vin comme moi saura se faire apprécier autant à l'aveugle sans étiquette, qu'à découvert !

Mieux ! La dégustation est fédératrice : Un Grand Vin saura convaincre autant celui qui n'y connaît rien, que le plus connaisseur s'étant fié à l'étiquette.

Quand un Grand Vin s'exprime... même le plus accusateur songera à sa finesse sans mot dire... De quoi le laisser en carafe... D'ailleurs, la carafe, oui... pensez-y ! Votre Grand Vin vous remerciera !

Quant à moi, revenons à nos moutons, comme le repas touche bientôt à sa fin... je disparais sur ce bel adage qui me vînt à l'esprit :  " Plus que dix verres de vins divers, préfère un verre de vin divin !"

Alors, ces Grands Vins comment les définir ? - Rien de plus jouissif ! -

Grand Vin - Signe distinctif : L'étiquette ne fait pas tout ! L'important est de se réserver le moment d'en goûter au moins une fois dans sa vie pour pouvoir raconter... Pour le reste, c'est le vin qui s'exprime.

Chez Vinatis, bien au frais posées sur leurs étagères, dans une cave dédiée, ces bouteilles rares n'attendent que vous... Et croyez-nous ou non, ces Grands Vins envoient du lourd !

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