Le Château Beychevelle fait partie de ces noms qui résonnent fort dans l’histoire du Médoc. Installé sur les bords de la Gironde depuis le Moyen Âge, le domaine s’est construit une réputation qui dépasse largement les frontières bordelaises.
La construction du château tel qu’il est connu aujourd’hui est commandée en 1565 par l’évêque François de Foix-Candale. Mais c’est au début du 17e siècle que Beychevelle entre véritablement dans la légende. Le domaine devient la propriété de Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Épernon, grand amiral de la marine française et gouverneur de Guyenne. Sous son règne, les navires voguant sur la Gironde et passant devant le château devaient baisser leurs voiles en signe d’allégeance. En gascon, on disait alors « Bêcha vela », littéralement « baisse voile ». Le nom Beychevelle est né. Cette référence maritime se retrouve encore aujourd’hui sur chaque bouteille, avec l’emblème du navire à la proue ornée d’un griffon, symbole fort de l’identité du château.
Au fil des siècles, le domaine évolue sans jamais perdre son prestige. La famille de Brassier développe le vignoble et fait construire le port de Beychevelle au 18e siècle, facilitant l’exportation des vins. En 1855, le domaine est consacré Quatrième Cru Classé dans le célèbre classement des vins du Médoc, une reconnaissance officielle de son statut. En 1875, la famille Heine agrandit le château, replante le vignoble après le phylloxéra et embellit les jardins, offrant à Beychevelle son surnom de « Versailles du Médoc ».



