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Histoire du Domaine Schlumberger

Histoire du Domaine Schlumberger

Sur les coteaux vertigineux du Domaine Schlumberger, les chevaux comtois et les moutons participent à la préparation des sols, la forêt veille sur le vignoble en terrasses et le murailler restaure, par un travail minutieux tout au long de l’année, les 50 km de murs en pierres sèches.

Entre tradition et modernité, chacun des éléments et chacune des actions au domaine préserve un patrimoine paysager unique transmis de génération en génération. Le domaine familial se tourne vers le futur avec une vision engagée en faveur d’une viticulture responsable, durable et éthique.

Le Domaine, les origines du Domaine Schlumberger

Le Domaine, ses origines

La famille Schlumberger est originaire de la Souabe, une région de l’Allemagne du Sud, aujourd’hui liée au Bade Wurtemberg. C'est Claus Schlumberger qui fut le premier à s’installer à Guebwiller au XVIe siècle, au temps des Abbés de Murbach, mais s'opposant à leur hégémonie, il partit s’installer à Mulhouse pour y exercer sa profession de tanneur. Dans cette ville libre ralliée au protestantisme se succéderont bien des générations de Schlumberger dont Nicolas Schlumberger (1782-1867), le 12e représentant de la génération, qui décida de retourner à Guebwiller pour y créer sa fabrique de textiles. Il acheta également 20 hectares de vignes dans la vallée du Florival par souci d’enracinement propre à la bourgeoisie manufacturière de l'époque : le Domaine Viticole Schlumberger était né.

L'entreprise prospère passa de génération en génération, mais c'est Ernest (1885-1954), passionné par le vignoble, qui y consacra toute sa vie : soucieux de la renommée de sa famille, dont les origines remontent à l’an 1410, il fut le seul à effectuer les travaux considérables de replantation après la crise du phylloxera. Il agrandit aussi considérablement le vignoble (de 40 à 110 hectares) et instaura le système de plantation à l’horizontale.

Tout aussi dévouée, la génération suivante apporta sa pierre à l’édifice : Eric Beydon-Schlumberger (1944-2014) contribua au prestige du domaine en replantant dès 1971 la quasi-totalité du vignoble vieillissant, mais aussi en lui conférant sa renommée internationale actuelle. Son frère, Alain Beydon-Schlumberger (1946-2023), compléta son œuvre dans les années 2000 en entreprenant d'importants investissements en cave pour moderniser l'ensemble des équipements.

L'histoire continue de s’écrire au fil des millésimes : depuis la création du Domaine Schlumberger en 1810, ce sont sept générations qui se sont succédé. Aujourd'hui Séverine et Thomas ont hérité de leurs ancêtres un vignoble unique en Alsace et perpétuent la tradition de ces terroirs ayant acquis leur réputation dès l’origine de l’introduction de la vigne en Alsace par les Romains avant d’être cultivés pendant 1000 ans par les Princes Abbés de Murbach : les premiers à avoir commercialiser le vin de Guebwiller.

La défense d’un patrimoine paysager

La défense d’un patrimoine paysager

Vigneron 100 % récoltant, le Domaine Schlumberger est le plus vaste vignoble indépendant d'Alsace à vinifier exclusivement sa propre récolte. Situé au Sud de la région, sur les coteaux vertigineux de Guebwiller, le vignoble s’étend sur 130 hectares, dont 70 hectares de Grands Crus sur quatre terroirs distincts : les Grands Crus Kitterlé, Kessler, Saering et Spiegel. Guebwiller est d'ailleurs la seule commune d’Alsace à détenir quatre Grands Crus.

Coteaux en très forte pente, exposition parfaite, terrasses soutenues par des murs en pierre sèche, le vignoble offre de magnifiques terroirs qui sont pourtant fragiles. À flanc de montagne où les conditions de travail de la vigne sont rendues difficiles sur des pentes à 50° à une altitude allant de 250 à 390 mètres, chaque élément, petit ou grand, a son rôle à jouer dans la préservation de ce patrimoine paysager.

Érigés pour réduire l’érosion naturelle des sols sablonneux, les murs en pierres sèches de grès des Vosges représentent un vrai ouvrage d’art que les équipes de muraillers ajustent au millimètre. Façonnant un vignoble en terrasses grandiose, l’entretien des murs agit aussi à plus petite petite échelle, puisqu’il favorise la diversité et notamment la présence des lézards.

La forte inclinaison du vignoble ne permet pas le passage d’un tracteur entre les rangs : le travail du cheval garantit en revanche une structure de sol beaucoup plus adaptée à la santé de la vigne dont le système racinaire pénètre en profondeur. Le choix de l’agro-pastoralisme avec des moutons diminue, lui, l’emploi des herbicides, favorise la biodiversité et limite le ruissellement.

Surplombant la totalité des coteaux, la forêt tient également un premier rôle comme véritable foyer de biodiversité : habitat naturel pour de nombreuses espèces – insectes, oiseaux, mammifères et reptiles – elle joue un rôle essentiel dans la régulation naturelle des ravageurs. Sa présence assure également une hydratation constante et naturelle des parcelles situées en contrebas, limitant les stress hydriques, de plus en plus fréquents avec le changement climatique.

L’engagement environnemental du Domaine

L’engagement environnemental du Domaine

Soucieux de toujours mieux faire pour enrichir ce patrimoine viticole unique, les exigences du Domaine Schlumberger visent à préserver les ressources naturelles, à garantir une qualité constante des vins tout en valorisant le travail et le savoir-faire de ses équipes pour donner un sens et une orientation à la hauteur des enjeux pour les générations à venir. Les efforts pour une agriculture plus saine au service de l’environnement se font pas à pas, entre tradition et innovation.

À chaque étape, du travail de la vigne jusqu’à la bouteille, il veille à intégrer les impacts environnementaux, économiques et sociétaux. Cet engagement au cœur des projets, dans une dynamique d’amélioration continue, est une valeur très chère au domaine.

Observation de l’activité microbienne des sols, recours à la confusion sexuelle des mâles par nuages de phéromones dans les vignes plutôt que d’employer des insecticides, paillage d’engrais verts en semis direct pour réduire les apports d’engrais et stimuler naturellement les sols, labour des sols en alternance d’un rang sur deux : ces gestes réfléchis contribuent à maintenir l’équilibre fragile de la biodiversité.

Côté innovation, le Domaine prône l’usage du drone dans les vignes, expérimente l’utilisation de couvertures de feutres comme alternative au désherbage, et a recours au son comme protection des ceps (génodique). Dans les chais, chacune des étapes de production favorise l’éco-conception : bouteille légère et recyclée, capsule recyclable, stockage non climatisé, étiquetage sur site, emballages certifiés FSC garantissant une gestion durable des forêts.

L’engagement se fait aussi en faveur d’une éthique sociale : travail avec les instances locales, respect de la charte des Vignerons Indépendants, label Vignobles & découvertes pour un œnotourisme valorisant le patrimoine paysager, le Domaine cherche aussi à assurer la pérennité et les talents des métiers d’arts comme celui de murailler.

Dès 2002, la propriété a fait ses premiers pas en agriculture raisonnée (Charte Tyflo), avant d’obtenir la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) en 2019 et de se convertir en Agriculture Biologique en 2022. Le respect et la protection de l’environnement pratiqués à travers les méthodes de culture en lutte raisonnée, en biologie et en biodynamie s’imposent également comme une obligation morale envers les générations futures. Ces efforts de dimension globale ont été reconnus : depuis 2023, le Domaine est certifié des labels Vignerons Engagés et ENGAGÉ RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Aujourd’hui il est fier de cette œuvre collective où chacun apporte le meilleur de lui-même.

Domaine Schlumberger : un terroir de Grands Crus unique en Alsace

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