Si pendant longtemps les rosés n’ont pas toujours été au plus haut niveau qualitatif, aujourd’hui les choses ont bien changé et des viticulteurs très impliqués nous livrent des flacons de grand plaisir assuré !
Même si tous les terroirs ne sont pas aptes à produire des rosés, la qualité est en progression constante et intrans et soufre ajouté se font plus discrets. Certaines cuvées sont même travaillées technologiquement et oenologiquement comme les plus grands nectars bordelais. On joue sur les températures et la qualité des vendanges, sur la maturation des baies et la macération des mouts, on pratique le tri parcellaire ou le tri optique pour séparer le bon grain de l’ivraie. Bref, on fait des efforts pour produire bon et rester tendance mais si l’on remarque qu’un grand nombre de vignerons ont la même démarche de qualité, on constate qu’en même temps, de par leur approche très différente de la façon de faire du vin, avec des maturités spécifiques, ils nous livrent des vins de personnalité et d’usage différents. On se plait ainsi à apprécier, selon nos gouts et la saison de l’année, le rosé haut de gamme, le rosé d’hiver, et le rosé piscine.
De toutes les couleurs…
Rose pâle, pétale de rose, chair de melon, rose tendre, gris, corail, saumon, pêche, rose sombre, grenadine, rosé, fuchsia, rouge clair… La couleur des vins rosés, dont l’impressionnante carte d’identité chromatique s’étend du diaphane au rouge léger, est une particularité organoleptique importante qui entre en jeu lorsqu’il s’agit d’apprécier ce vin. Celle-ci change d’une appellation à l’autre, en fonction des valeurs d’anthocyanes que le vin contient et se fonce, si l’on oublie la main de l’homme, à mesure que l’on descend vers le Sud en raison d’une maturité plus importante, encouragée par le soleil.
Contrairement aux vins rouges, le rosé n’hésite pas à s’afficher dans des bouteilles en verre blanc, qui dominent largement sur le marché. L’argument de vente fait alors appel au registre affectif, à l’instinct ou à l’émotion du consommateur. Généralement associé au bonheur, le rose est la couleur de la femme, de la beauté, de la jeunesse, des bonbons et de la gourmandise. Les sensations véhiculées par le rosé sont aussi riches et de la même veine. Peut-être plus hardies, elles sont souvent associées à la sensualité, la séduction, l’érotisme, et leur positionnement marketing tend à mettre en avant des notions telles que le plaisir, la fête et le bien-être. Pour accentuer la notion de « spectacle », on n’hésite pas à vendre des vins rosés dans des embouteillages audacieux.
Les rosés haut de gamme
Ce sont de réels vins d’exception qui ont redonné au rosé ses lettres de noblesse. Ils sont issus la plupart du temps de vieilles vignes et leur élaboration bénéficie d’une attention toute particulière :ils sont vendangés exclusivement à la main, en petites caisses pour prévenir l’oxydation. Ces rosés de grande classe produits en quantité limité, ont des prix à la hauteur d’une réputation, et justifiés par un caractère unique.
Les rosés gastronomiques ou rosés d’hiver
Complexes, ils permettent de nombreux accords mets vins. Ce sont des vins structurés et élégants, ronds et généreux, enrichis de subtiles nuances qui sauront vous charmer. Ils sont à boire dans leur jeune âge, et séduisent par leur fraicheur et leurs saveurs. Charpentés et épicés, ils s’accordent très bien avec la cuisine japonaise ou chinoise ou tout autre met exotique.
Les rosés piscine
Il s’agit de vins fruités, légers, qui se boivent très frais, et dans lesquels on peut ajouter un glaçon. Ils sont parfaitement adaptés à des situations de consommation moins formelles : apéritif, pique-niques, terrasses et buffets ensoleillés… Ce sont des vins rafraichissants et désaltérants, particulièrement appréciés en période estivale !
Les rosés cocktail
Une nouveauté ! C’est le mélange d’un vin rosé avec autre chose pour l’égailler, tel que jus de pamplemousse, qui donne du rosé pamplemousse. D’autres cocktails incontournables : Framboise, Jacqueline et P’tit Denis.
Comment faire du rosé ?
Non, le vin rosé n’est pas un mélange de vin rouge et de vin blanc ! Cette pratique est autorisée uniquement en Champagne.
Il est possible d’obtenir du rosé de 2 manières :
- la vinification dite de saignée : le vin est vinifiée comme un vin rouge mais la coloration est limitée. On laisse les mouts du raisin macérer au contact de la peau du raisin, jusqu’à ce que l’on obtienne la couleur désirée, puis on les sépare pour arrêter la phase de cuvaison et passer à la phase de fermentation alcoolique.
- La vinification en pressurage direct : utilisée pour les vins blancs. Méthode utilisée uniquement si le mout, après pressurage, est suffisamment coloré pour passer directement à la fermentation.
Consommation du rosé :
En 2010, 55% des ménages français ont acheté du rosé pour leur consommation à domicile, soit 23% du volume des achats de vins tranquilles. Même si la Provence et la Corse dominent le marché avec 45% des ventes, toutes les régions s’illustrent : la Loire avec 24% des ventes de rosé et la vallée du Rhône qui écoule 10% des rosés. S’en suivent le Bordelais, le Sud-Ouest et le Languedoc Roussillon avec respectivement 8.5%, 5.7%, et 5.4% des ventes de rosé.



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